La Commission européenne, par l’intermédiaire de la Direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire (DG SANTE), a publié son programme d’audits et de contrôles pour 2027, un plan qui anticipe un contexte d’exigence réglementaire accrue, notamment en matière d’importations, de sécurité alimentaire, de résidus chimiques, de microbiologie, de matériaux au contact des aliments et de durabilité de l’utilisation des produits phytosanitaires.
Pour le secteur agroalimentaire, ce programme constitue un indicateur avancé des domaines dans lesquels les autorités européennes concentreront leurs efforts d’inspection et de surveillance. Par conséquent, les entreprises qui anticiperont ces priorités de contrôle pourront réduire les risques réglementaires et renforcer leur compétitivité.
Un changement d’approche : davantage de contrôles sur les importations et les chaînes mondiales
La principale nouveauté du programme 2027 est la forte augmentation des audits auprès des pays tiers exportateurs et des postes de contrôle frontaliers de l’UE. La Commission prévoit d’augmenter significativement les audits liés aux importations afin de vérifier que les produits accédant au marché européen respectent les mêmes normes que celles exigées des producteurs de l’Union.
Cette stratégie aura un impact direct sur :
- Importateurs et distributeurs.
- Entreprises qui dépendent de matières premières provenant de pays tiers.
- Fabricants disposant de chaînes d’approvisionnement mondiales.
- Opérateurs logistiques et ports d’entrée.
La conséquence prévisible pour les entreprises du secteur sera une pression accrue sur l’évaluation et l’homologation des fournisseurs, la surveillance des contaminants et des résidus et la démonstration documentaire de la conformité. Ce qui implique de renforcer :
- Audits des fournisseurs.
- Programmes de surveillance des risques émergents.
- Évaluation de la conformité réglementaire internationale.
- Systèmes de traçabilité et de vérification documentaire.
Résidus chimiques et contaminants : une priorité croissante
Le programme consacre un nombre très important d’audits au contrôle des résidus vétérinaires, des contaminants chimiques, des pesticides et des mycotoxines, tant dans les produits d’origine animale que végétale. Parmi les priorités spécifiques figurent :
- Résidus vétérinaires dans les produits d’origine animale.
- Résidus de pesticides dans les fruits et légumes.
- Aflatoxines dans les arachides.
- Contaminants dans les produits de la pêche et agricoles.
En outre, la Commission continuera d’évaluer les plans nationaux de contrôle des résidus, tant des États membres que des pays tiers.
Parmi les secteurs concernés, nous soulignons les suivants :
- Fruits et légumes.
- Fruits à coque.
- Alimentation animale.
- Secteur de la viande.
- Secteur laitier.
- Pêche et aquaculture.
Ce contexte oblige à concentrer les efforts sur :
- Programmes de surveillance des résidus.
- Évaluation des risques chimiques.
- Conception et validation de plans de contrôle.
La microbiologie revient au centre de l’attention
L’Espagne fera l’objet d’audits spécifiques sur la contamination microbiologique de la viande de volaille, tant du point de vue de la santé publique que de la santé animale.
Par ailleurs, la Commission mènera des activités liées aux produits de la pêche hautement transformés et ultratransformés, un segment dont l’importance augmente en raison de la transformation industrielle et de l’internationalisation du commerce.
Les secteurs les plus concernés seront les suivants :
- Secteur avicole.
- Produits carnés transformés.
- Produits prêts à consommer.
- Pêche et produits de la mer.
- Industrie des ingrédients.
Les entreprises auront besoin de preuves plus robustes pour démontrer la sécurité microbiologique de leurs produits. Cela ouvre des opportunités dans les domaines suivants :
- Études de durée de vie.
- Challenge test.
- Validation des procédés thermiques et de conservation.
- Modélisation prédictive microbiologique.
- Vérification des plans HACCP.
- Surveillance environnementale et des surfaces.
Matériaux recyclés au contact des aliments : un domaine émergent
Pour la première fois, les matériaux au contact des aliments fabriqués à partir de plastique recyclé apparaissent de manière notable dans plusieurs audits, y compris des contrôles en Espagne.
Esta linha está diretamente ligada aos objetivos europeus de economia circular e ao aumento da utilização de materiais reciclados em embalagens alimentares.
En ce qui concerne les secteurs concernés, nous aurons :
- Fabricants d’emballages.
- Transformateurs de plastiques.
- Industrie alimentaire utilisatrice d’emballages recyclés.
- Distribution et retail.
En devant renforcer les aspects suivants :
- Études de migration.
- Évaluations de conformité.
- Caractérisation chimique des matériaux.
- Essais de sécurité des emballages.
- Conseil réglementaire sur les matériaux recyclés.
Utilisation durable des produits phytosanitaires : pression croissante sur le secteur agricole
L’Espagne figure parmi les pays sélectionnés pour des audits liés à l’utilisation durable des pesticides.
Bien que l’approche s’adresse aux autorités compétentes, il est prévisible que les exigences envers les producteurs augmentent sur des aspects tels que :
- Justification des traitements.
- Gestion intégrée des ravageurs.
- Registres d’application.
- Réduction des résidus.
Tout cela pousse à concentrer les efforts sur :
- Contrôle des résidus.
- Outils de réduction des produits phytosanitaires.
- Systèmes numériques de gestion agronomique.
- Projets de biocontrôle et de biostimulants.
Alimentation animale et résistance aux antimicrobiens
L’alimentation médicamenteuse fera l’objet d’audits en Espagne et dans plusieurs pays européens. Parallèlement, la Commission maintient une ligne spécifique de contrôle sur l’utilisation des médicaments vétérinaires et la résistance aux antimicrobiens
Secteurs concernés :
- Fabricants d’aliments pour animaux.
- Entreprises intégratrices d’élevage.
- Production animale.
- Industrie vétérinaire.
Ces entreprises devront se renforcer dans les domaines suivants :
- Validation des systèmes de fabrication d’aliments médicamenteux pour animaux.
- Programmes de contrôle de la contamination croisée.
- Études sur les alternatives aux antibiotiques.
- Évaluation des risques de résistance aux antimicrobiens.
- Développement de stratégies One Health.
Conclusion : un programme de conformité qui peut devenir un avantage concurrentiel
Le programme d’audits de la DG SANTE pour 2027 confirme cinq grandes priorités réglementaires : contrôle des importations, résidus chimiques, sécurité microbiologique, matériaux recyclés au contact des aliments et durabilité de la production agroalimentaire. Pour les entreprises alimentaires, la préparation ne doit plus se limiter à réussir les inspections, mais à générer des preuves techniques solides démontrant la conformité et la gestion des risques, ce qui peut transformer ce qui pourrait être perçu comme une menace en une opportunité d’améliorer leur positionnement concurrentiel et leur image de solidité auprès de leurs clients et du consommateur en général.
Chez AINIA, nous sommes en mesure d’accompagner l’industrie au moyen de services de laboratoire, ainsi que d’études et de projets en matière de sécurité alimentaire, d’évaluation des risques, de validation des procédés, de veille réglementaire, de durabilité et de numérisation. Les domaines d’activité les plus prometteurs se concentrent sur l’analyse des résidus et des contaminants, la microbiologie prédictive, les matériaux au contact des aliments, l’homologation des fournisseurs internationaux et les technologies visant à réduire l’utilisation des produits phytosanitaires et des antimicrobiens.
En définitive, les audits prévus pour 2027 permettent d’anticiper où se situeront les risques réglementaires et, par conséquent, où nous devons concentrer une part importante des efforts techniques de l’industrie alimentaire au cours des prochaines années.